L’immobilier représente, ne serait-ce que par ses émissions de gaz à effet de serre et sa consommation énergétique, une part des émissions de CO2 et de la consommation énergétique mondiale. Face à ces enjeux environnementaux, les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) dites vertes optent pour des pratiques de plus en plus responsables et durables. Elles doivent bien rester en phase avec les attentes croissantes d’investisseurs qui visent à combiner préservation de la planète et rendement.
Qu’est-ce qu’une SCPI verte ?
Une SCPI verte repose sur une stratégie d’investissement durable. En d’autres termes, elle doit avoir pour objet la performance énergétique des bâtiments ainsi que la réduction de leur empreinte carbone. Pour ce faire, elle est tenue de mettre en œuvre plusieurs mesures opérationnelles, dont la rénovation énergétique, le recours aux énergies renouvelables, l’amélioration de l’isolation, l’installation d’équipements visant à diminuer la consommation d’eau, etc.
Aujourd’hui, il est même possible d’opter pour
une SCPI ISR comme Epargne Pierre Europe qui, dans un élan de responsabilité sociétale, préconise aussi des considérations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) dans la sélection et la gestion de ses actifs. Le label ISR (Investissement Socialement Responsable), introduit en France pour les fonds immobiliers en 2020, est attribué à des SCPI qui respectent des critères stricts. Il certifie que la SCPI adopte une gestion orientée vers des objectifs durables et entreprend une transition écologique effective de son parc immobilier.
Comment une SCPI ISR réduit-elle son empreinte écologique ?
Une SCPI ISR s’engage entre autres à rendre son parc immobilier plus respectueux de l’environnement en prenant des mesures écologiques. En cela, l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments existants reste la solution la plus utilisée. Concrètement, la SCPI verte peut remplacer les équipements énergivores par des systèmes de chauffage à haute efficacité ou des panneaux solaires. Elle peut aussi privilégier les bâtiments neufs ou rénovés répondant aux normes environnementales les plus contraignantes (HQE, HQE rénovation, BREEAM).
En outre, il est judicieux pour une société civile de placement immobilier d’équiper les bâtiments de systèmes de récupération des eaux de pluie ou des robinets à faible débit afin de lutter contre le gaspillage d’eau. En général, les SCPI ISR préconisent également les matériaux biosourcés et trouvent des solutions efficaces pour réduire les déchets liés aux travaux immobiliers.
Pourquoi les SCPI ISR séduisent-elles les investisseurs ?
Investir dans une SCPI ISR présente de nombreux avantages. D’un point de vue financier, ce type d’organisme de placement collectif assure un rendement compétitif et une meilleure résilience face aux évolutions réglementaires et énergétiques. Sur le marché immobilier actuel, les biens qui ne respectent pas les nouvelles normes écologiques ont moins de valeur.
Une SCPI engagée dans une démarche verte aide à anticiper ces changements et facilite la mise en œuvre d’une gestion durable des actifs. Par ailleurs, l’impact positif sur l’environnement est devenu un critère particulièrement scruté par ceux qui désirent se rassurer sur la compatibilité de leurs valeurs avec leur choix d’investissement. Le label ISR est un gage de transparence et procure aux investisseurs une certaine sérénité sur le fait de placer leur capital dans des projets vraiment écoresponsables.
L’évolution du cadre réglementaire en faveur de l’écologisation des SCPI
Le développement des SCPI responsables est soutenu par des mesures réglementaires incitant à une meilleure prise en compte des enjeux climatiques. Le label ISR permet d’identifier les SCPI qui s’engagent activement dans cette transition. De plus, la loi Énergie-Climat impose aux acteurs de l’immobilier des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Dans ce contexte, les SCPI ont tout intérêt à adapter leur stratégie d’investissement pour rester attractives et conformes aux nouvelles normes environnementales. D’autant que l’Union européenne renforce progressivement son cadre législatif en faveur de la finance verte, avec des initiatives comme la taxonomie européenne qui classe les activités économiques selon leur contribution à la transition écologique. Ce cadre incite notamment les gestionnaires de SCPI à intégrer des critères extra-financiers dans leurs décisions d’investissement.
Les défis de l’écologisation des SCPI
Il ne fait nul doute que si les SCPI peuvent s’orienter vers une écologisation de leur parc immobilier, elles n’en sont pas moins confrontées à des défis. Le premier obstacle réside dans le coût élevé des rénovations énergétiques ou des constructions durables. Certes, ces investissements peuvent devenir rentables dans la durée, mais leur financement est difficile à mobiliser et risque d’impacter négativement le rendement sur le court terme.
Le second défi à relever est étroitement relié à la disponibilité des actifs immobiliers verts. Une demande prépondérante existera toujours pour les ouvrages étiquetés durables, surtout dans les grandes villes où la densité de l’offre est la plus forte. Les SCPI doivent donc redoubler d’efforts pour identifier et acquérir des actifs conformes à leurs critères ESG.
Un enjeu de transparence et de mesure de l’impact est aussi bien présent. Les investisseurs souhaitent des informations explicites sur la performance sociale et environnementale de leurs placements afin que les SCPI soient à même de les satisfaire. En clair, les sociétés civiles de placement immobilier doivent se doter d’outils de reporting robustes et communiquer régulièrement sur leurs réalisations.